L’ergonomie du cabinet dentaire tient en une addition : la posture du praticien, plus l’organisation de son poste de travail. C’est la définition que Paul Bacelar donne dans sa présentation d’ergonomie, et elle a une conséquence pratique. Un bon siège ne suffit pas si l’instrument dont vous avez besoin est dans le troisième tiroir à gauche.
Paul travaille depuis 25 ans sur l’agencement de cabinets dentaires, avec Gilles Mosca, chez Italia Dental à Marseille. Cet article reprend la méthode qu’il présente aux praticiens et aux équipes des dépôts : où ranger, comment préparer un acte, et quel mobilier aide à tenir l’organisation dans la durée.
Pourquoi l’organisation compte autant que la posture
La présentation de Paul cite Johan Fischer, de Sirona : beaucoup de praticiens travaillent d’une façon très fatigante, et leur concentration est interrompue des centaines de fois par jour. Chaque interruption a la même forme. Il manque un instrument, il faut ouvrir un tiroir, se tourner vers un plan de travail éloigné, parfois se lever.
Le but de l’ergonomie, tel que Paul le formule, est de garder la concentration sur la zone opératoire. Il en attend moins de fatigue, moins de risque de contamination et plus de patients vus dans la journée. La méthode vient de l’industrie : rationaliser une production comme on l’a fait dans l’automobile, avec Toyota pour exemple.
Les cinq classes de mouvement au fauteuil
Pour juger un poste de travail, la présentation classe les gestes du praticien en cinq niveaux, du plus économe au plus coûteux :
- Classe I : les doigts seuls, sans effort, comme pour sculpter un composite.
- Classe II : les poignets, peu d’effort.
- Classe III : les coudes, un léger effort, par exemple pour saisir un instrument.
- Classe IV : les épaules, avec une grande fatigue musculaire et oculaire.
- Classe V : la rotation du tronc, l’inclinaison et la courbure du corps, qui fatiguent le bas et le haut du dos.
La règle qui en découle est simple à énoncer et difficile à tenir sans le bon mobilier : rester dans les classes I à III, éviter les classes IV et V. Tout ce qui oblige à pivoter sur son siège pour attraper quelque chose fait sortir de la zone utile.
Les zones de préhension suivent la même logique. Autour du fauteuil, en balayant le bras à l’horizontale, il existe une zone de travail optimale, proche, et une zone acceptable un peu plus loin. Le matériel le plus utilisé va dans la première. Dans les meubles, il va dans les tiroirs les plus hauts, au plus près de la zone de travail.
De la position de 8 heures à la position dynamique
La façon de travailler au fauteuil a changé, et le mobilier avec elle. La présentation de Paul retrace le chemin en repères d’horloge :
À 8 heures, le patient est semi-allongé, le praticien travaille en vision directe, sans assistante, avec un meuble latéral de son côté. À 9 heures, le patient est allongé et un meuble arrière apparaît, avec une assistante de temps en temps. À 11 heures, la vision devient surtout indirecte, l’assistante est plus présente et l’on travaille à quatre mains, avec un plateau de transfert sur le meuble arrière.
La position dite dynamique se situe entre 11 heures et 13 heures. Elle suppose un plan de travail mobile à l’arrière et une aspiration placée avec précision. C’est cette position que le mobilier d’aujourd’hui doit servir, à droite comme à gauche, seul ou à deux.

Bacs et cassettes : préparer l’acte avant que le patient s’assoie
C’est la partie de la méthode qui change le plus le quotidien. Les Anglo-Saxons parlent de « tubs and trays ». En français : des bacs pour les fournitures, des cassettes pour les dispositifs médicaux réutilisables. La présentation s’appuie sur le matériel Hu-Friedy pour les exemples.
Le principe : chaque type d’acte a sa couleur, et cette couleur est reliée à l’agenda. Le composite est en bleu, par exemple, bac et cassette. L’endodontie, la digue, la chirurgie, la prothèse, l’anesthésie et le verre ionomère ont chacun la leur. Quand l’assistante voit un composite à 10 h 30 sur l’agenda, elle sort le bac bleu et la cassette bleue, et tout ce qu’il faut est dedans.
Pour un composite, la présentation détaille le contenu. Dans le bac : bloc de spatulation, etching, adhésif, compules de composite de plusieurs teintes, matrices, papier à articuler, coins de bois ou transparents, strips et disques à polir jetables. Dans la cassette : sonde, miroir, précelle, spatule, instrument pour le fond de cavité, fouloir, avec les fraises et le mandrin pour les disques à polir.
Deux détails rendent le système plus sûr. Le baguage des instruments indique à l’équipe l’ordre dans lequel ils servent. Et l’on prend le consommable dans le bac avec une précelle ou un sur-gant, pour ne pas le contaminer.
Pendant l’acte, la liste de ce qu’il faut éviter est courte : changer de place ou de posture, ouvrir des tiroirs, se tourner vers un plan de travail éloigné, se baisser ou se lever. Si le bac est complet, aucun de ces gestes n’a de raison d’arriver.
Ce que la méthode change après l’acte
Les instruments se vérifient au fauteuil, reprennent leur place dans la cassette, et c’est la cassette entière qui part en stérilisation. La traçabilité devient plus simple : un code-barres sur le lot pour les instruments de la cassette, et pour les consommables, un enregistrement du lot à son entrée dans le bac, avec la couleur, l’heure et la date.
Les achats aussi. Quand un flacon est fini, on le note, on trie le déchet, on réapprovisionne le bac. Comme chaque séquence d’instruments est définie, on sait ce qu’il faut racheter et l’on n’achète que ce qui sert. Le protocole étant le même pour tous, il s’apprend vite à une nouvelle assistante.
La présentation fait aussi un calcul sur le temps de préparation entre deux patients, avec une mise en œuvre notée à 10 minutes. Un cabinet qui reçoit 20 patients par jour y passe 200 minutes, un cabinet à 10 patients en passe 100. Rapporté à quatre jours par semaine et huit heures par jour, l’écart représente 40 jours dans l’année. C’est l’exemple de Paul pour montrer ce que pèse ce temps : chaque cabinet a ses chiffres, et Paul les regarde avec vous.
Le mobilier qui fait tenir l’organisation
Une méthode qui repose sur la discipline de chacun s’use en quelques semaines. Le mobilier sert à la rendre évidente. Pour Paul et Gilles, la solution qu’ils recommandent aujourd’hui est le concept TAO Led et Avant System de Dental Art.
L’Avant System compte trois modules, utilisables seuls ou ensemble. Le flexdesk est un plateau mobile en Corian qui tourne à 360 degrés, coulisse de 125 cm sur le côté et porte 15 kg. Son pivot décalé lui permet de s’avancer jusqu’à 70 cm du meuble, et une prise de courant peut équiper le bras. Le flexclip intègre l’aspiration au meuble de service, accrochée au plateau mobile, et se branche sur les principaux systèmes d’aspiration du marché. Le flexwall ajoute un grand tiroir central de 100 cm, accessible assis, et des vitrines pour ranger les bacs et les cassettes. L’idée générale de Dental Art : que le matériel suive les gestes du praticien, droitier ou gaucher.

Selon Gilles, le flexdesk représente 85 à 90 % des ventes de meubles Dental Art en France. Il ne se vend pas seul : pour la stabilité, il s’ancre sur des meubles POP ou TAO, et la solution la plus économique est une tablette posée sur trois caissons Dental Art.
Les D-Box de Dental Art jouent le rôle des bacs dans les tiroirs. Chaque D-Box de 43 x 36 cm a son couvercle en Plexiglas, ses séparateurs, ses godets en trois largeurs et une étiquette. Elle sort à la verticale sans s’incliner et passe d’un tiroir à l’autre avec son contenu. Six couleurs de tags magnétiques permettent de reprendre le code couleur des actes.
Le groupe d’hygiène ZERO règle une autre interruption : aller chercher une paire de gants, un masque ou une canule d’aspiration. Fixé au mur près du poste, il distribue les masques, les gants, les canules, les serviettes et les champs de protection, et ses coquilles s’ouvrent d’une simple touche. Le consommable reste protégé jusqu’au moment où on le prend, ce qui rejoint la règle de Paul sur la contamination croisée. Dental Art en a présenté une nouvelle version en juin 2026.
La présentation du ZERO par Dental Art, sur YouTube. Pour le voir de près, appelez Gilles ou Paul.
Le mobilier TAO reçoit ces D-Box. Ses tiroirs, portes et côtés sont façonnés dans une plaque de métal de 4 mm, ce que Dental Art annonce comme 74 % plus mince que les 15 mm standard. Les tiroirs sortent entièrement, et un joint périmétral se ferme de façon hermétique. Le rangement peut rester local ou se centraliser dans des armoires SmartWall, qui contiennent jusqu’à 24 D-Box. Pour aller plus loin, la page TAO de Dental Art présente la gamme, et la page ergonomie et organisation l’Avant System.
Et la posture du praticien ?
L’organisation règle ce qui se passe autour du fauteuil. La posture règle ce qui se passe sur le siège. Paul y consacre une présentation à part, sur la posturologie. Pour l’assise, Italia Dental représente Support Design, fabricant suédois de selles faites à la main. Support Design appelle sa position de travail la Posture Positive : l’assise inclinée légèrement vers l’avant, les pieds à plat au sol, un angle d’environ 135 degrés entre les jambes et le buste. Le fabricant conseille aussi de changer de position toutes les 20 minutes et de se lever. Une selle se règle au corps de celui qui s’y assoit, et le plus sûr pour choisir est de l’essayer dans sa position de travail. La page Posture Positive de Support Design détaille les modèles.
Voir un poste organisé avant de réaménager le vôtre
Les choix de mobilier engagent un cabinet pour des années. Paul le rappelle à la fin de sa présentation : la qualité du soin en dépend. Avant de commander, le plus utile est de voir un poste monté, de manipuler un flexdesk et d’ouvrir un tiroir TAO.
Le showroom d’Italia Dental, l’I-Dental Académie, est au 127 boulevard de Saint-Marcel, à Marseille (13011). On y vient sur rendez-vous, pour comparer plusieurs marques côte à côte ou pour réfléchir à l’organisation d’une salle de soins. Gilles ou Paul vous confirment ce qui est monté au moment de votre visite. La vente et l’installation passent ensuite par le dépôt dentaire de votre région.
Pour en parler, le plus simple est d’écrire ou d’appeler directement :
- Gilles Mosca : 06 10 45 56 35 · WhatsApp · e-mail
- Paul Bacelar : 07 61 64 77 55 · WhatsApp · e-mail
Vous pouvez aussi passer par la page Contact et choisir celui des deux qui vous rappellera.
